La directive
européenne sur l'eau
pour les quinze années à venir
Le 12 octobre 2000 s'est tenu au Sénat un colloque
sur la réforme de la loi sur l'eau et ses enjeux environnementaux et
financiers.
A cette occasion, de très nombreux intervenants
ont pu commenter la politique européenne de l'eau
et s'interroger sur les grandes orientations du projet de la loi sur l'eau 2001.
En 1997, la
Commission européenne a présenté au Conseil et au Parlement européenne
proposition de directive cadre sur l'eau. Cette directive a été adoptée, en
septembre 2000, au terme d'un processus de concertation et de coopération
étroite entre le Parlement, le Conseil et la Commission européenne. Elle
constitue la pièce législative centrale dans laquelle sont regroupées les
principales obligations concernant la gestion de l'eau de l'Union européenne.
Les objectifs essentiels de la directive sont les suivants :
- axer la politique communautaire de l'eau sur une logique de bassin
hydrographique, en suivant l'eau telle qu'elle s'écoule naturellement de la
source jusqu'à la mer;
- prendre en considération toutes les eaux : eaux de surface et eaux
souterraines, eaux douces, eaux côtières et estuaires ;
- atteindre, à l'horizon 2015, un bon état de toutes ces eaux, ce qui
signifie un bon état écologique et un bon état chimique des eaux de
surface, ainsi qu'un bon état qualitatif et quantitatif des eaux
souterraines ;
- recenser toutes les zones nécessitant une protection spéciale. II s'agit
des zones visées par la législation communautaire existante, ainsi que des
zones de captage des eaux potables et de toutes autres zones visées par une
législation nationale ;
- adopter une approche combinée entre, d'une part, les normes de qualité
environnementales et, d'autre part, les valeurs limites d'émission basées
sur les meilleures techniques disponibles, en retenant l'approche donnant
les normes les plus strictes ;
- concrétiser immédiatement cette approche pour les substances dangereuses
prioritaires pour la Communauté, c'est-à-dire les identifier et établir
pour elles, en priorité, les valeurs limites d'émission et les normes de
qualité ;
- établir un plan de gestion par district hydrographique ;
- prendre en compte le principe de récupération des coûts des services
liés à l'eau, en intégrant le principe pollueur-payeur institué par le
Traité de l'Union européenne. En quelque sorte, l'objectif est que l'eau
paye l'eau ;
- accroître la participation du public, en l'informant plus et mieux et en
l'associant à la prise de décision.
Avec l'adoption et la mise en oeuvre de la directive cadre vont être
abrogées, dans les 7 à 13 ans à venir, la plupart des directives sur l'eau.
Seules seront maintenues la directive sur les nitrates d'origine agricole, la
directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires, la directive
relative à la qualité de l'eau potable et la directive relative à la qualité
de l'eau de baignade.
A l'aube du troisième millénaire, la protection des ressources en eau
ainsi que l'utilisation prudente et rationnelle de ces ressources constituent un
défi mondial majeur. l'Union européenne en a fait une priorité de sa
politique environnementale.
(Extrait de Pêche Contact)