Pour survivre dans les eaux froides de nos
rivières et de nos plans d'eaux, les poissons doivent se protéger des
températures proches du point de congélation de l'eau .
En effet, par temps très froid, les fonctions digestives des poissons sont en
quasi arrêt. Cela les condamne à une inactivité forcée qui a pour
conséquence de consumer leurs réserves de graisse accumulées pendant les mois
d'activité.
Pour passer l'hiver, jusqu'au réchauffement de l'eau (vers le mois d'avril),
les pois- sons cherchent un endroit calme pour se reposer et surtout le plus
profond possible pour avoir moins froid. Les endroits profonds communiquent avec
la nappe phréatique qui peut atteindre 12° en période hivernale et seulement
10° en période estivale.
Raisons pour lesquelles, les poissons, hormis les truites et quelques poissons
four- rages à eaux froides, se retrouvent ensemble, agglutinés dans les
profondeurs des trous d'eau. Les cyprinidés se dissimulent sous les feuilles
pour se protéger des carnassiers (Brochets, Sandres, Perches) qui, immobiles,
se nourrissent peu, chopant de temps à autre une victime inconsciente des
dangers qui l'entourent.
C 'est généralement en période de crues, de février à mars, que les
premières espèces de poissons, comme les dames Brochets, sortent de leurs
quartiers d'hiver pour déposer sur les touffes d'herbe se trouvant à faible
profondeur leurs oeufs aussitôt fécondés par la laitance des mâles, lesquels
sont, habituellement, de jeunes poissons de petite taille.
Dès que la femelle Brochet a terminé sa séance amoureuse, elle est prise
d'une grande faim et se nourrit goulûment d'un petit mâle qui, sans nul doute,
ne s'attendait pas à cela !
De mai à fin juin, c'est la grande période d'amour pour les poissons blancs.
Elle se déclenche en fonction de la hausse de la température de l'eau. Pour
pondre ses oeufs, le Gardon apprécie le gravier en eaux basses, alors que le
Sandre recherche le gravier en eaux un peu plus profondes.
La naissance de minuscules petits poissons est plus ou moins rapide et liée à
l'évolution du réchauffement de l'eau.
Corrélativement, l'apparition de la nourriture de toutes les espèces de petits
ale- vins est provoquée par le réchauffement de l'eau : c'est le plancton sans
lequel les ale- vins ne pourraient survivre.
Lorsque l'homme a rectifié la Bruche, les méandres, les trous profonds et de
nombreuses petites zones inondables autour ont disparu et, avec eux, une très
grande partie des espèces de poissons a été menacée de disparition.
Le Comité de gestion de la Bruche et de la Mossig s'est fixé pour objectif de recréer un nombre relativement important de frayères qui permettront à toute la chaîne d'espèces vivantes de se nourrir.
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Frayère de Duppigheim-Kolbsheim réalisée par le Comité de Gestion du Bassin Bruche-Mossig grâce au soutien financier de UNISABI - MASTERFOOD (Groupe Mars) |
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Comme cela peut se remarquer sur le terrain, la création des frayères a un
coût, financé par des subventions du Conseil général, de l'Agence de l'Eau
Rhin-Meuse, du Conseil Supérieur de la Pêche, de la Fédération
départementale de pêche et par des industriels qui aident le Comité de
gestion à payer sa quote-part ou l'Association locale de pêche, lorsque
celle-ci possède la propriété ou le bail de location.
Pour réaliser ces frayères, le Comité de gestion a dû acquérir des terrains
de surfaces importantes, aidé en cela par l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse et des
industriels engagés dans la protection de la Nature comme UNISABI.
Pour l'entretien futur de ces milieux naturels, le Comité de gestion compte sur
un élan de solidarité de la part de tous ceux et celles qui se sentent
concernés par la protection de la Nature et, en premier lieu, les pêcheurs et
leurs associations.
Merci à tous ceux qui ont déjà contribué et, nous l'espérons, participeront encore à la réalisation de nos projets à venir.
Marcel Carabin