La Bruche, la Mossig et leurs affluents sont bordés
d'environ 500 km de rives.
Les rives sont le reflet de l'évolution harmonieuse des rivières; elles ont de
multiples fonctions qui contribuent à maintenir une bonne qualité de l'eau, à
abriter et nourrir une faune nombreuse et très diversifiée, à favoriser le
développement de la flore aquatique.
La ripisylve est composée de plantes très variées qui protègent le lit de
la rivière des intrants indésirables, et particulièrement lorsque la Nature
est en pleine activité.
C'est ainsi qu'un rideau dense de Renouées du Japon, de Grandes Balsamines,
d'Orties et autres buissons et touffes de baies variées sont le meilleur
rempart pour l'eau contre les aspersions chimiques des cultures de céréales
toutes proches.
II est important que ce rideau protecteur constituant la rive atteigne 10 à 15
m de large (en fonction de la pente) pour être efficace.
Sur les rives situées en plaine, souvent à fleur de la nappe phréatique, ou
encore humidifiées en permanence par des résurgences de sources, la plante
idéale pour capter les polluants amenés par l'eau de la rivière ou encore les
fertilisants introduits dans les cultures est le Roseau.
Les Roseaux s'en délectent, les neutralisent et constituent en cela le meilleur
épurateur naturel d'une eau qui s'infiltre dans la nappe phréatique alimentée
à 60% par le milieu aquatique superficiel.
C'est la raison primordiale pour prohiber tout drainage à l'approche des
rivières afin que l'eau de pluie puisse être filtrée par les Roseaux, les
prés et les racines des plantes diverses.
La rive a un rôle de régulateur des eauxLes semences étant naturellement dispersées par le vent et l'eau, les
arbres poussent tout naturellement le long des rives. Au point de vue du
contrôle de la régulation du cours des rivières, il importe que ces
arbres ancrent leurs racines denses et profondes qui résisteront aux
assauts des crues. La rive joue un rôle éminemment écologiqueL'écologie est une science qui étudie les milieux où vivent et se
reproduisent les êtres vivants, ainsi que les rapports de ces êtres avec
le milieu. |
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Dans leur grande majorité, les rives ne sont plus entretenues, du moins
régulièrement.
Pour rendre cultivables ou encore constructibles des zones inondables,
d'importants tronçons de nos rivières ont été rectifiés et approfondis,
créant un dysfonctionnement hydraulique.
Lorsqu'on approfondit le lit d'une rivière, c'est la nappe phréatique qui, par
endroit, alimente cette rivière, alors que cela devrait être l'inverse. Les
rectifications, quant à elles, ont pour conséquences d'accélérer la vitesse
du débit, ce qui augmente les risques de graves inondations en aval du bassin
et le transfert d'énormes volumes de sable et de gravier en un temps court.
Pour éviter cela, il s'agit aujourd'hui de prévoir un entretien pérenne
permettant à la Nature en milieu aquatique de se développer harmonieusement et
surtout arrêter de toucher aux zones inondables et humides encore existantes.
II faut que suffisamment de lumière entre dans l'eau pour favoriser la vie
animale; il faut éviter la multiplicité des touffes d'arbres pour avoir un
développement équilibré de la sylviculture naturelle; il faut protéger les
arbres nichoirs (arbres morts) et les baies nourricières.
Un entretien écologique pérenne c'est : couper et tailler "en
douceur" à bras d'homme, entretenir les frayères, sortir les arbres morts
déracinés après les crues, éliminer certains embâcles pour éviter les
accumulations de boue, veiller à assurer la libre circulation des espèces
migratoires, assurer le couvert de la petite faune et penser à protéger la
rivière d'intrants polluants, c'est-à-dire proscrire les coupes à ras.
L'entretien des rives est d'INTÉRÊT GÉNÉRAL ET PUBLIC, ce qui nécessite un FINANCEMENT PUBLIC, d'où qu'il vienne, afin d'assurer tout simplement la vie de la faune et de la flore.
Marcel Carabin