Cet affluent de la Bruche qui serpente sur près
d'un kilomètre au lieu-dit "Weiermatten", est le seul ruisseau du
bassin versant de Still qui se prête à la pêche sportive.
Certaines pratiques agricoles (destruction de la roselière pour planter du
maïs) et le défaut d'entretien des rives (forêt-galerie dense) menaçaient la
faune piscicole du Zweibaechel.
Durant l'hiver 1999-2000, des travaux d'élagage et de nettoyage ont été
entrepris par les jeunes bûcherons du Comité de gestion du bassin Bruche -
Mossig, après que deux experts du même comité aient répertorié les arbres
et arbustes bordant le ruisseau.
Cet inventaire a permis de dénombrer une quantité importante d'arbustes à
baies (fusain, sureau noir, troène, groseillier, viorne obier, mûrier, cornouiller,
prunellier, aubépine, églantier...) qui offrent aux oiseaux
sédentaires et migrateurs ainsi qu'aux petits mammifères, des fruits colorés
et gorgés de vitamines.

Photo : Jocelyne Blosser
Avant que le Comité de
gestion n'ait fait reculer la plantation du maïs à 15 m du bord, ce site ne
pouvait être habité que par de petits mammifères tels le muscardin, la
belette le hérisson, le lièvre, l'écureuil, etc., le couloir vert étant trop
étroit pour des espèces plus grandes comme le renard, le blaireau ou le chevreuil. Néanmoins, beau coup d'entre eux viennent s'abreuver dans le
Zweibaechel qui leur sert aussi de passage. En aval et en amont, des
possibilités de gîte existent, sauf pour le cerf qui fréquente les grandes
forêts plus éloignées. Mais ce dernier longe régulièrement le ruisseau pour
s'abreuver ou passer.
A la belle saison, l'avifaune est relativement pauvre sur ce
site. Mais en automne et en hiver, les tarins des aulnes, les pinsons, les grives et autres passereaux qui viennent du nord, se gavent ici d'une nourriture
abondante et variée. L'aulne, arbre typique du bord des eaux, porte dans ses
minuscules cônes des graines par milliers !
En aval, à partir du pont de Still, la diversité des
espèces augmente. La présence d'habitations avec des jardins plantés d'arbres
et de haies, avec des espaces découverts, favorise la reproduction d'un grand
nombre de passereaux dont les mésanges, le serin cini, les hirondelles, les rouges-queues,
les pouillots, les fauvettes, les grimpereaux, le verdier d'Europe, le chardonneret
élégant, le pinson des arbres, la sittelle torchepot, le merle noir, etc.
Toujours plus en aval, subsiste encore un coin sauvage avec
de grands arbres qui abritent l'épervier, la buse variable, le faucon
crécerelle, la corneille noire, le loriot d'Europe, le coucou gris, le geai des
chênes, le pigeon ramier, la tourterelle des bois, l'étourneau sansonnet, les
pics...
Des buissons cachent le rouge-gorge, l'accenteur mouchet, la
mésange à longue queue, les grives... et dans une roselière, dont les chaumes
portent les nids des rousserolles, se dissimulent également sangliers et chevreuils.
Au bord du ruisseau, un arbre tombé au sol a rehaussé la
rive en exposant ses racines enrobées de terre. Cet incident naturel a permis
à un couple de martins-pêcheurs de creuser un tunnel pour y élever sa
progéniture. En général, ce petit cours d'eau ne possède pas de berge assez
haute pour favoriser une telle nidification. Le troglodyte mignon aime nicher
près des oiseaux bleus, et le cingle plongeur qui, lui, niche sous les ponts,
chasse au fond des eaux.
Le canard colvert se rassemble en nombre et glisse sur la
surface de l'eau dans l'espoir d'y passer inaperçu, alors que sur les rives on
distingue parfois, dans le fouillis végétal, le corps figé d'un héron
cendré guettant sa proie.
Non loin de là, des cultures diverses offrent l'hospitalité
à d'autres espèces comme la bergeronnette grise, le bruant jaune, le traquet
tarier, les alouettes, les moineaux, la tourterelle turque, le corbeau freux, le
faisan de colchide, le busard cendré, etc.
En amont se dresse le reliquat d'une roselière qui,
naguère, s'imposait sur ces terres humides. II subsiste encore quelques
pâtures, des haies et des bosquets. Le restant des terres est occupé par des
cultures variées. Comme en aval, on retrouve une diversité dans les espèces.
Des dépressions humides accueillent au printemps les pontes
gélatineuses de la grenouille rousse. La couleuvre à collier est présente
dans le ruisseau et la lamproie de Planer s'y reproduit au mois de mai.
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Des tortues de Floride ont été observées,
certainement remises en liberté par des propriétaires désireux de s'en
débarrasser. Malheureusement, elles sont très voraces et ceci au
détriment de la faune locale. |
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Christiane Hubrecht